Nelson Mandela et les femmes de sa vie

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mandelaMandela, immense militant, président icônique était aussi un sacré séducteur. Le père de la nation arc en ciel a vécu de nombreuses idylles, mais il s’est marié trois fois. Graça Machelet Winnie Madikizela, ses deux dernières épouses, étaient à son chevet lorsque ses forces ont commencé à l’abandonner. Sa première femme, Evelyn Ntoko Mase, est décédée en 2004. De ses deux premières unions sont nés six enfants, dont trois seulement lui survivent. Retour sur trois femmes de caractère, qui ont accompagné la route d’une des plus grandes figures du XXe siècle.

Graça Machel, la brillante intellectuelle

Au stade Soccer City de Soweto, 80.000 personnes affluent pour l’adieu à l’ancien président Sud-africain. La mine sombre, vêtue d’un épais manteau noir, orné de rayons de soleil, Graça, 68 ans, fait sa première apparition en public depuis la mort de son époux jeudi dernier. Son arrivée, saluée par la foule, est retransmise en direct sur les écrans du stade. Dans sa tête défilent peut-être les images des quinze années passées au côté de Madiba… Comme leur premier contact, alors que fait remarquable, elle est déjà veuve d’un chef d’Etat. Nous sommes en 1986, et son mari, le président du Mozambique, a perdu la vie dans un accident d’avion, commandité par le régime d’apartheid. Depuis sa prison de Robben Island, Nelson Mandela trouve les mots justes pour la consoler. «Il y a toujours, lui répond-elle, dans un jardin une fleur plus belle que les autres. Votre lettre est cette fleur dans le grand jardin des messages de réconfort qui m’ont été adressé. Un jour, nous nous rencontrerons sur le chemin de la lutte ou sur la voie de la liberté». Ils ont fait mieux.

Après 27 ans de prison, l’irréductible militant n’a pas réussi à reformer son couple avec sa deuxième épouse, la flamboyante Winnie Madikizela-Mandela. Il s’affiche peu à peu avec Graça, sa cadette de 27 ans et l’embrasse pour la première fois en public en 1996, au mariage du dictateur zimbabwéen Robert Mugabe. Porté par une énergie folle, Mandela s’épanche dans la presse sur  »le merveilleux sentiment d’être amoureux ». Graça et lui se marient le 18 juillet 1998, le jour de ses 80 ans.

Diplômée en droit, parlant cinq langues, ancienne ministre dans son pays, cette combattante de la lutte pour l’indépendance (qui, selon la presse sud-africaine, sait démonter un fusil d’assaut) a été classée par Time Magazine parmi les 100 personnes les plus influentes au monde. Les Sud-Africains, attachés à Winnie qui a porté l’image de Nelson Mandela pendant toute sa détention, avaient d’abord observé la nouvelle venue avec méfiance. Mais l’irrésistible Graça Machel, qui a gardé le nom de son premier époux, a fini par les conquérir. «Les Sud-Africains ont une grande dette envers elle»,  a un jour déclaré le Nobel de la Paix Desmond Tutu, ami du couple. «Elle n’a pas seulement apporté de la joie à Madiba, elle a aussi essayé très fort de garder la famille Mandela unie.»

Winnie Madikizela, la redoutable et sulfureuse militante

En 1957, Nelson Mandela connaît un véritable coup de foudre pour une assistante sociale de 21 ans. «Je ne sais pas si quelque chose comme l’amour peut naître au premier regard, mais je sais parfaitement qu’au moment même où j’ai vu Winnie Nomzamo, j’ai voulu l’avoir pour femme», écrit-il dans son autobiographie, «Un long chemin vers la liberté». D’autant que le jeune fer de lance de lance de l’ANC, constamment absent de son foyer, a été quitté par sa première épouse deux ans auparavant. En 1958, Winnie au visage volontaire, épouse ce futur homme d’état en même temps que sa cause. Pendant cinq ans, le couple d’activistes vit à 100 à l’heure. Véritables machines du militantisme, happés par les actions, les arrestations et les procès, ils ont deux filles Zenani et Zinzi.

C’est après le massacre du township de Sharpeville, en 1960, que Madiba (son nom tribal) abandonne la non-violence, influencé peut-être par Winnie, devenue une combattante pure et dure. Tous deux s’engagent dans la guérilla, le terrorisme et la révolution ouverte. Nelson prend la tête de la branche armée de l’ANC. Arrêté en 1962, il est condamné deux ans plus tard à la détention à vie, échappant de peu à la peine capitale.Sa fille benjamine n’a que quelques mois. «J’ai l’impression que toutes les parties de mon corps, chair, sang, os et âme ne sont plus que de la bile, tant mon impuissance absolue à te venir en aide dans les moments terribles que tu traverses me rend amer», écrit-il à Winnie en 1970, depuis sa cellule. A l’extérieur, Winnie devient une figure emblématique de l’ANC. Mais sa puissance l’enivre. A la fin des années 1980, Winnie s’était entourée d’un gang, le Mandela United Football Club qui semait la terreur dans Soweto. L’image de Winnie tenant la main de Mandela au jour de sa libération, le 11 février 1990, masque la réalité. Bientôt jugée pour enlèvement et complicité dans le meurtre d’un jeune activiste de l’ANC, Winnie était devenue un embarras pour le parti au pouvoir. Le couple divorce en 1996

Evelyn Mase, la belle fille de la campagne

A 22 ans, Nelson Rolihlahla Mandela s’est enfui une nuit vers Johannesburg, pour échapper au chef de son clan qui voulait lui imposer un mariage arrangé. Jeune avocat, Mandela débute sa carrière politique grâce à Walter Sisulu, qui devient son mentor. Chez les Sisulu, il rencontre Evelyn Mase, «une jeune fille belle et calme qui arrivait de la campagne».

Originaire de la même région que lui, il l’épouse à l’âge de 26 ans. Ensemble, ils auront deux fils, Thembi et Makgatho, et deux filles, Makaziwe – morte à neuf mois en 1948 – et Pumla Makaziwe. Cependant, Mandela devient l’étoile montante de l’ANC. Ses combats l’éloignent de plus en plus de son épouse. Il n’a en réalité aucune vie de famille. De plus en plus attirée par la religion, Evelyn finit par quitter le domicile conjugal en 1955. Elle élève désormais ses enfants seule, grâce à son épicerie et devient témoin de Jéhovah. Elle décède en 2004, à l’âge de 82 ans, d’une maladie du poumon.

 

Source : le parisien

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